« Révélation chronologique au retable d’Issenheim » PRESENTATION

Publié le par Philippe Kah pour l'UPL

Présentation du sujet de conférence du 12 janvier 2007 à 20h15

au Foyer Lecocq, rue Ernest Munch à Strasbourg

par Philippe Kah

 

« Révélation chronologique au retable d’Issenheim »

 

Une multitude de coins de nature suscitent chez le visiteur de l’enchantement, du ravissement, de la quiétude, du bonheur. Pour celui qui est habitué à fréquenter les sommets de montagne, une dimension s’ajoute à ces dispositions : celles de pouvoir contempler la totalité du paysage, rendant possible une vision de synthèse, puisque par l’altitude rien n’échappe au regard émerveillé.

Du toit de l’Europe, au Mont Blanc, le point de vue permet aussi de réfléchir à la fresque que présente l’histoire de cette contrée, ses turbulences, ses conflits et leurs millions de victimes.

Au retour dans la vallée, le familier des sommets et de leur magnificence, est pris d’étonnement, de déplaisir et de méfiance. C’est qu’aux carrefours des chemins puis, dans les édifices religieux et les habitations, il découvre une scène d’horreur : un homme est au supplice et pendu à une croix. [Projection du premier tableau que présente le retable d’Issenheim]


La sensation qu’il éprouve ne correspond pas à la plénitude que lui procure son terrain d’élection, la haute altitude, et il se met en route pour voir quelles idées, quelle doctrine, quelles croyances ont produit ce spectacle omniprésent de la souffrance, du tourment, et de la détresse répandus partout.

D’abord, il découvre que de son vivant, l’homme à la torture s’est employé et évertué à faire comprendre à ses auditeurs qu’il y avait un royaume à découvrir : lumineux, radieux, le ciel à l’intérieur de chaque être humain. L’habitué des glaciers et des cimes trouve là un écho du cadre qu’il affectionne.

Ensuite, il s’aperçoit que du XVIème au XXIème siècle une kyrielle d’auteurs a constaté, réfuté et démasqué la théorie d’un sacrifice divin que diffusent les autorités religieuses dans leurs lieux de cultes.

Enfin, il relève qu’un quart de siècle après le messager de Galilée, un discoureur venu du nord, en Turquie actuelle, Saul de Tarse, n’a parlé que de la crucifixion sans rien connaître et sans rien dire de l’enseignement de son prétendu maître.

Le deuxième tableau du retable d’Issenheim, résurrection-ascension, révèle à l’observateur attentif, que l’inversion chronologique, qui a présidé à l’organisation des esprits pendant dix-huit siècles, plutôt que de les épanouir et de les libérer, comme y invitait la pédagogie de Jésus, les a, au contraire, asservis et mis en subordination.

 Ph. K

 

 

 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article