Autour de notre colloque sur « l’humanité de Jésus »

Publié le par l'UPL

(29-30 mars 2008 à Strasbourg)

Approcher l’humanité de Jésus libère la parole

L’importante participation à notre colloque sur « l’humanité de Jésus », organisé conjointement par l’Union protestante Libérale, Evangile et Liberté et la paroisse Saint-Guillaume, a montré combien l’intérêt pour l’homme Jésus est vif.
La thématique a trouvé des échos, bien au-delà du cercle des participants, et jusqu’en Suisse, à Luxembourg, en Belgique, à La Réunion. Le débat ainsi ouvert a permis à certains d’exprimer leur propre questionnement, de nous livrer leurs pensées et interrogations. Nous aurons sans doute contribué à une sorte de « libération » que d’autres attendent sans trop oser l’espérer…

Décaper patiemment le vernis du dogme

Une correspondante nous écrit avoir découvert, il y a peu de temps, le site de Théolib, en même temps que plusieurs livres d'André Gounelle qui l' « ont réellement réveillée et secouée ». C'était, pour elle, le moment d’ouvrir tout un questionnement et de constater :
« Tout cela m'a permis - me permet - de décaper patiemment une sorte de  vernis dont je n’avais pas conscience. . Oser questionner le dogme, la tradition, mon rapport à la tradition, je l'ai toujours fait « à voix basse » : j'ai longtemps fait partie de ces rebelles tièdes qui se taisent pendant que l'assemblée récite le «credo» ! Oser explorer d'autres manières de faire, de dire, questionner mes représentations, et celles des autres religions, j'apprends à le faire maintenant « à haute voix ».
 
« La remise en route d'un questionnement théologique… m'a permis de me dégager de certaines loyautés (le « religieusement correct »). Je ne me souviens pas avoir entendu discuter la divinité de  Jésus, la question trinitaire, ni réfléchi au(x) sens du « mort pour nous » et ni du  sacrifice, ni de  la résurrection : et pourtant cela me paraît aujourd’hui fondamental ! Peut-être n’ai-je pas su entendre le discours : il  m’aurait trop déstabilisée ? Possible ! Toujours est-il que là où je suis maintenant, les réponses toutes faites  ne me conviennent plus.
Questionner, pour moi, ce n'est pas démonter mais plutôt explorer : les textes bibliques, la tradition et mon rapport à l’histoire, les contextes, confronter des  représentations et  notre expérience (s) de Dieu... Tout passe par le lien, le partage, l’échange.
Une des questions qui surgit  aussi, c'est le « et alors ? » Des choses changent pour moi, mais ensuite ? J'en fais quoi, je vis ça comment, au niveau de ma paroisse, de ma communauté ?»
 
Et c’est là que l’on se rend compte que l’important pour chacun, n’est pas de vivre ce que dit l’Eglise (quelle qu’elle soit) mais de vivre notre foi, cette foi qui n’est jamais acquise, qui n’a de réalité que vécue et prend corps à travers nous.
Notre correspondante pose justement la question de savoir si, « dans le fond, une communauté est vraiment nécessaire ? », « et sous quelle forme ? »

Oser réfléchir librement permet aussi de tisser des réseaux

Constatons que, dès lors qu’une réflexion s’engage, une forme de communauté naît. Cette réflexion n’est possible qu’à partir d’expressions de la foi qui naissent elles-mêmes à partir d’un « partage de foi » ou de telle ou telle forme de vie ou activité ecclésiale. Dans ce sens, une structure ecclésiale classique, institutionnelle, sera utile. Mais ne sera pas d’une impérieuse nécessité. En effet, il est plus important que nous donnions forme aux vérités découvertes, que nous transcrivions au quotidien nos choix que le cheminement, la réflexion, le libre débat auront permis de profiler ou de préciser.
On pourra dire que ces lieux de libre-débat, - proposés par exemple par l'Union Protestante Libérale et d’autres organisations proches comme Evangile et Liberté, Théolib, etc, favorisent, implicitement ou explicitement, l’émergence de réseaux qui sont autant de lieux d'église – ceux-ci ne vont pas à l’encontre des Eglises-institutions, mais les complètent, les interpellent, donc les stimulent !

Dans ces réseaux peut s’exprimer ce qu’une participante à notre colloque appelle l’  « amour de Jésus » - elle le dira sous forme d’une interpellation qui, forcément, nous touche : « vous n’aimez pas Jésus comme Schweitzer l’a aimé » ! Honnêtement, en dépouillant notre approche de toutes ces grilles de lecture qui ont été longtemps imposées, et qu’on a longtemps imposées, nous nous sentirons certainement très proches de lui, Jésus. Nous nous sentirons proches de l'homme, de sa foi, de son engagement. Comment l'aimer plus?!

Ernest Winstein
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