Croire …à hauteur d'humain

Publié le par UPL/Roland STAUB/Martine SCHOLL

Croire …à hauteur d'humain
Conférence donnée par Roland STAUB le 1er février 2005 à Strasbourg-Robertsau
Notes prises par Martine SCHOLL
" Quelqu'un qui vit debout est un ressuscité " (Roland Staub)

 

Roland Staub est pasteur depuis de longues années maintenant… Il est aussi membre du Comité de l'Union Libérale et chaque année, il nous fait le plaisir d'intervenir dans le cadre des conférences.

 
Une profession de foi qui témoigne d'une grande sincérité. Nous avons été tous très touchés par sa grande sensibilité, sa pudeur et sa modestie incontestée.
 
Il nous fait part de ses souvenirs de jeune étudiant, de sa licence en l'occurrence où déjà une des ses références était Rabelais, humaniste français.
 
Petit résumé express….
Sous des bouffonneries énormes, Rabelais avançait des idées qu'il eût été dangereux, à son époque, d'exprimer en clair : il attaquait la tyrannie de la scolastique, l'ignorance des moines, l'absurdité des guerres et condamnait la religion lorsqu'elle était confondue avec le pouvoir temporel. Créateur d'un univers romanesque qui intègre toutes les formes d'expression, tous les "parlers" du temps, Rabelais mêle la bouffonnerie à l'émotion, le mythe au réel, la raison au délire, la culture savante à la culture populaire. Ses héros, tels Gargantua et Pantagruel, géants à l'appétit insatiable, ou Panurge ("qui fait tout"), l'homme ingénieux en tout, sont devenus légendaires ainsi que l'abbaye de Thélème, où une société d'égaux s'adonne aux plaisirs du cœur et de l'esprit.

 

Roland Staub nous informe donc que Rabelais a été son sujet de mémoire et déjà, il abondait vers cette approche libérale. Il se questionnait déjà … : Il est devenu incontestablement un libéral dans le sens le plus noble du terme.
Il aborde :

- Le langage dogmatique et ses travers
- L'accessibilité de la foi - approche différente - démarche personnelle
Il n'y a pas un seul chemin pour accéder à la quête de Dieu ; il a toujours recherché au-delà dit-il, et il cite Paul (à hauteur d'humain)….
 
Son expérience d'aumônier de prison lui permet de faire des rencontres qu'il qualifie de profondes. Des hommes qui, de part leur enfermement probablement, se posent des questions existentielles sur la vie, la mort et Dieu. Cela l'a beaucoup troublé et il en garde une vive émotion en y repensant. Il a relevé aussi que beaucoup de gens incarcérés avaient une démarche spirituelle très avancée.
 
Il se dit libre dans son espérance, marginal de la foi - vis à vis des dogmes qu'il relativise bien entendu. La Bible, un livre de témoinagnes de la foi, a aussi ses limites.
 
Son approche en tant que pasteur laisse toute sa place à l'homme ; il faut faire appel à son intelligence, son coeur, son esprit ; entendre et transmettre son expérience de vie.
Le Saint Esprit : faut-il parler du témoignage "intérieur" (en nous) de Dieu ? Il "clarifie l'obscurité" ; l'esprit dans lequel Jésus agit ; l'esprit tient du "souffle de Dieu".
Invite à avoir connaissance de ses limites, de la limite du discours de l'homme et de l'histoire humaine.
 
Sa quête est essentiellement la rencontre avec les autres, le non jugement, la bonté, une admiration de l'immensité de l'univers : ciel étoilé, visages d'enfants, musiques, œuvres qui le bouleversent et il en parle avec beaucoup d'émotion.
Il cite Théodore Monod, militant actif pour le désarmement, qu'il admire profondément.
 
Il exprime cependant toutes les " obscurités " aussi, ce qu'il traduit par un sentiment de non-sens et d'absence de Dieu quelquefois.
Il ajoute que le statut de la Bible, qu'il considère comme un livre de la Foi, ne doit pas être sacralisé.
Il précise qu'il respecte toutes les religions. Se demande pourquoi l'Homme culpabilise.
Parler de la mort du Fils comme d'un sauveur des hommes est une contradiction. R. S. cite André Gounelle qui considère que la crucifixion du Christ n'est pas nécessairement un plan de Dieu et il y adhère. Il pencherait plutôt pour Jésus mort pour les hommes comme il a vécu pour les hommes. Il considère sa mort comme un échec mais pas une fin, qu'il est mort pour ses idées.
Il pense que Dieu n'est pas tout-puissant, prenant en compte toutes les catastrophes et toutes les réalités du monde et que s'il y a crédibilité de la foi, il y a nécessairement réalité humaine.
Il cite Pâques comme un évènement non important en estimant que Jésus n'est pas Dieu, mais que l'homme Jésus me révèle quelque chose qui est de Dieu.
 
Il conclut par une citation :
"L'essentiel c'est ce qui s'entend du fond de l'abîme de la tristesse… Il n'y a pas d'homme condamné ".
 
Remarque personnelle : une grande retenue et une démarche exempte de toute démagogie et d'une grande honnêteté intellectuelle.
 
M. S.

" La question qui m'a toujours accompagnée, et de manière radicale, dans mon métier de pasteur a été celle de la signification des formulations dogmatiques, du langage religieux pour l'homme d'aujourd'hui avec son coeur et sa raison. C'est ce qui m'a amené, en compagnie d'autres, a essayer de dire une foi à "hauteur d'humain", une foi crédible." (Roland Staub)

 
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