Colloques « Foi et Sciences »
Colloques « Foi et Sciences »
Le colloque du 4 octobre 2003
Dans son introduction, Ernest Winstein fait référence à Nietzsche qui note que l’extinction d’un astre n’a pas de conséquence fondamentale dans le fonctionnement de l’univers et la foi se fait alors le recours qui permet de surmonter la perspective d’une telle échéance.
C’est la question des théologiens : Pourquoi y a-t-il un abîme entre foi et science ? Il faut répondre que l’Eglise n’a pas su s’adapter, jalouse de son pouvoir qu’elle prétendait préserver.
1. Le professeur Alfred Marx examine les rapports entre Bible et science et signale qu’ils ne constituent plus un problème, l’une et l’autre n’étant pas sur le même plan.
Dans l’ancien Israël, la compréhension des phénomènes n’était pas établie puisqu’il n’existait pas de mot pour le cerveau, le système nerveux était ignoré et, quant à l’univers, il était imaginé comme une voûte qui fait barrage aux eaux d’en haut…
En conséquence, que faire des sept jours de la création ?
Une convergence avec les données scientifiques perd alors son objet et ne serait qu’une vaine recherche au point que l’intention de concilier vérités bibliques et vérités scientifiques devient tout à fait absurde.
Sa vérité, de la Bible, ne peut se situer que sur le plan du sens de l’existence – « Je me garderai bien d’interroger l’A.T. sur la formation du Soleil » – et suggère à l’individu la manière de se conduire ; l’homme est chargé de gérer la création, non de l’exploiter.
2. Ernest Winstein dégage les positions actuelles d’Albert Jacquard dans son livre Dieu ?
Scientifique qui essaie de faire le point sur sa foi, Albert Jacquard reconnaît que « trop longtemps, j’ai cru ce qu’on m’a dit » et se heurte à l’ambiguïté qu’entraîne son attitude intérieure, construite par le confort des certitudes de sa foi catholique, et les constats de la science qui obligent à tout réviser.
A l’évidence, le processus du doute constant fait entrer en conflit le credo judéo-chrétien et les apports de l’observation. En définitive, la question : qui est Dieu ? n’obtiendra pas de réponse puisque – dans l’absolu – les scientifiques n’arrivent pas à le cerner d’autant que le déterminisme atomique ne lui laisse aucune place, ce qu’avait déjà relevé Max Planck.
Ultime tentative : Jacquard a cherché vainement dans le Nouveau catéchisme une explication aux interrogations contemporaines.
3. Pour Albert Schweitzer, présenté Jean-Paul Sorg, il ne paraît pas que les sciences parviennent à ébranler la foi ; d’ailleurs il avait horreur des affirmations des manuels des sciences naturelles lesquelles esquivent le mystère de la nature.
Ne pouvant fermer les yeux sur le phénomène de l’évolution, il n’y a pas lieu toutefois de laisser les scientifiques prétendre liquider les principes de la philosophie ni de la théologie car plus on avance, plus s’épaissit le mystère de l’univers dont le jeu aveugle des forces devra toujours être supplanté par le sens éthique.
Schweitzer reste néanmoins hanté par la destination de l’Être dans sa totalité n’échappant pas nécessairement à la possibilité d’un cataclysme cosmique.
4. Le professeur Gérard Siegwalt déclare qu’il y a peut-être imbrication des deux domaines science et foi. Selon lui, Dieu est la dimension de transcendance du Réel qui est UN et cette dimension dernière interpelle les scientifiques les obligeant à penser la finalité de leurs recherches. L’été que nous avons vécu peut être une alerte à l’égard d’étés futurs qui seront différents de ceux que nous avons connus.
La nature résiste à la façon dont nous l’exploitons et les crises que nous provoquons feront obligation de changer de conduite d’où une démarche sapientiale, de l'ordre de l'expérience, serait plus salutaire qu’un mercantilisme effréné.
Sa conclusion évoque l’approche théologique, prophétique qui, s’appuyant sur le Réel, peut définir une relation critique à la totalité du vécu.
5. Pierre Hecker fait part des activités du groupe PRO-ANIMA dont l’objectif est la recherche de facteurs entraînant des pathologies sanitaires chez les humains.
Si des centaines de milliers de citoyens sont éliminés chaque année de la vie, il y a lieu d’alerter les responsables sur les failles du système des traitements.
Par ailleurs, l’utilisation du monde animal pour l’expérimentation des tests n’est pas satisfaisante et incline à des révisions de ces pratiques.
6. Lothaire Zilliox mentionne la prudence nécessaire dans la démarche scientifique qui ne rend jamais compte de la totalité dans l’étude des sujets.
Aussi, l’homme qui prétend détenir LA Vérité risque de s’enfoncer dans l’erreur et l’illusion. Le doute est donc nécessaire dans la progression des découvertes, celles-ci stimulées par l’émerveillement qu’inspire la nature dans ses infinies facettes.
Maintenant que des barbaries sont de retour sous différentes formes, un domaine vital prend de l’importance : celui de l’eau. Ce patrimoine impose une réflexion d’envergure entre tous les partenaires concernés. Croissance démographique et régimes de l’eau sont liés et il s’agit de les gérer judicieusement pour éviter que la planète ne devienne inhabitable.
Philippe KAH
Publicité