"Annales 2002" - Résumé et extraits et liens.
Georges Yoram FEDERMANN, Fidélité au Serment d’Hippocrate
“ Il n’y a pas d’urgence mais des médecins pressés ” a-t-on coutume de dire pour décrire l’exercice médical. C’est vérifiable pour l’immense majorité des consultations .Mais comment faire pour accueillir, au cabinet, en médecin de famille, “ en continu ”, les patients marginalisés, pas toujours solvables, comme les S.D.F. ou les “ Sans-Papiers ”, qui ne bénéficient pas nécessairement de la C.M.U.. Il s’agit alors notamment de repérer leur inscription dans un rapport au temps qui leur est propre et vital et qui impose aux médecins de les recevoir sans rendez-vous .Un sacré défi pour les spécialistes et l’occasion d’un retour pédagogique au Serment d’Hippocrate “ Je donnerai mes soins gratuits à l’indigent ” et à la prière de Maïmonide (12ème siècle) “ O Dieu, soutiens la force de mon cœur pour qu’il soit toujours prêt à servir le pauvre et le riche ”. lire la suite
Youssef AYACHE, Chrétiens en Syrie et au Liban"
Il faut savoir que dans leur grande majorité (c.à.d. si l'on met à part les Arméniens réfugiés en Syrie et au Liban après 1915 et une partie des maronites libanais), les chrétiens du Proche-Orient se sentent arabes et se disent arabes. Ils revendiquent leur arabité haut et fort et ne souffrent d'aucun complexe à ce sujet.
A cela plusieurs raisons : la première est qu'ils sont profondément enracinés dans le pays. Ce sont, ne l'oublions pas, les premiers chrétiens de l'Histoire. Ils ont conscience d'avoir été chrétiens avant même l'apôtre Paul. C'est en Syrie que l'on trouve les plus vieilles églises et les plus vieux monastères du monde. Nous devons donc évacuer rapidement l'idée qui consiste à comparer ces Arabes chrétiens aux juifs d'Europe fraîchement débarqués en Palestine, ou aux musulmans de France, du moins ceux qui sont issus de l'immigration.
La deuxième raison tient au fait que les chrétiens de Syrie et du Liban étaient là avant l'arrivée des conquérants arabo-musulmans au 8ème siècle, qu'ils n'ont opposé aucune résistance à ces conquérants et se sont laissé par la suite arabiser (l'arabe devient leur langue maternelle dès le Moyen-Age ; à noter également que les conquérants venus d'Arabie étaient en quelque sorte perçus comme des cousins proches, du fait qu'ils comptaient dans leurs rangs des tribus arabes chrétiennes).
La troisième raison, enfin, appartient à l'histoire récente (relativement récente) : A la fin du 19ème siècle et au début du 20ème, les Arabes chrétiens ont été pour une large part à l'origine du mouvement national arabe qui a contribué à la libération de ces pays du joug turc ottoman. Ils ont élaboré le concept moderne de "nation arabe" opposé à celui de "umma musulmane" invoqué sans cesse par le pouvoir turc pour pérenniser sa domination sur la région du Proche et Moyen-Orient au nom de la religion.
Encore de nos jours, on voit ces Arabes chrétiens jouer un rôle de premier plan dans le combat pour les causes nationales, en Palestine et ailleurs, au sein de partis politiques tels que le parti Baath ou le Parti Populaire Syrien, ou encore les mouvements de libération de la Palestine, entre autres." lire la suite...
Ernest REICHERT, Les minorités chrétiennes au Moyen-Orient
"Le titre est déjà un constat : les chrétiens sont devenus une minorité au Proche-Orient, même si des gens comme le pape copte Shénouda III refusent ce terme et si leur présence est encore relativement importante dans un pays comme le Liban, une minorité de surcroît très parcellisée. Il fut un temps où le Proche-Orient était chrétien, ne l'oublions pas, à une époque où l'Occident ne l'était pas encore. Le Nouveau Testament en laisse entrevoir l'amorce. Au cours des premiers siècles de notre ère, surtout à partir du 4ème, une civilisation extraordinaire s'est développée au Proche et au Moyen Orient, jusqu'en Inde et en Chine. Mais pour bien des raisons (invasions arabo-musulmanes, croisades, Mongols, querelles intestines… pour ne citer que quelques unes), ce christianisme naguère si florissant est devenu minoritaire, et le devient de plus en plus.
L'histoire de ces minorités remonte aux origines du christianisme, et non comme on l'imagine parfois aux croisades voire aux missions occidentales des 17°-19° siècle.
Au 5° siècle, les chrétiens se sont divisés en 3 groupes identifiables par des désaccords doctrinaux, des différences culturelles, et des conflits politiques, -auxquels il faut ajouter des querelles de personnes : les Melkites, les Jacobites, les Nestoriens, …sans que les frontières aient toujours été nettes entre les uns et les autres."
Ernest WINSTEIN, La Bible : Paroles d'hommes, parole de Dieu
"La Bible n'est pas tombée du ciel. Tout le monde, ou presque, a fini par l'admettre. Elle est donc parole humaine - et ne peut être entendue qu'en tant que telle. Comment peut-elle alors être considérée comme parole de Dieu ? La pensée divine s'exprime-t-elle dans cette parole ? Y aurait-il une parole de Dieu en soi?
…toute parole au sujet de Dieu exprimant notre relation à Dieu, en somme, notre conscience de notre statut humain, la conscience que nous avons d'être du monde, d'avoir une place dans le cosmos, et en même temps la conscience que nous avons de ce monde, - cette conscience étant notre manière de nous élever au-dessus de cet univers, de prendre du recul - sera, à sa façon parole de Dieu."