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Texte Libre

L'Union Protestante Libérale propose un terrain de rencontre où puisse se dérouler un débat respectant les sensibilités et les convictions de chacun, tout en affirmant l'exigence d'une réflexion et d'une recherche sérieuses et approfondies, tant sur le plan théologique qu'en matière d'analyse des questions de société.

 

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Conférences.

2008/09

 

 

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 Comme la pensée, que rien ne peut jamais enfermer contre notre gré, la foi vit et se vit en toute liberté. Telle les sciences qui ouvrent de nouveaux espaces, toute religion évolue,même alors qu'elle proposerait un code moral ou un système de pensée.  E. Winstein


 


 

 

4 Textes de conférences :

Dimanche 21 août 2005

Les nouvelles théologies anglo-saxonnes

par Gilles Castelnau
Conférence donnée dans le cadre des rencontres organisées par l'Union protestante libérale, Strasbourg, le 25 février 2005

Le sujet : "Dans une culture qu'ils considèrent comme post-moderne, les théologiens et pasteurs présentés par le conférencier, veulent dépasser les formulations traditionnelles de la foi qui leur semblent inadaptées, inutiles et répressives. Ils ne croient plus que l'on puisse détenir la vérité, les questions leur semblent plus importantes que les réponses. Ils s'efforcent d'intégrer la bonne nouvelle de l'Évangile aux préoccupations de leurs contemporains".
Le conférencier : Gilles Castelnau est actuellement à la retraite à Paris. Pasteur de paroisse dans l'Église wallonne d'Amsterdam et en Région parisienne il se veut attentif à la recherche de spiritualité des personnes en marge de l'Église. Il a été responsable de Croix-Bleue, aumônier de prison et aumônier militaire bénévole etc. Il fait régulièrement des émissions à la radio protestante de Paris et anime le site internet "Protestants dans la ville".

Introduction : L'influence de la théologie " évangélique " se fait de plus en plus grande tant dans le monde anglo-saxon qu'en France. Cette théologie refuse toute remise en question de ce qu'elle considère comme étant les " Fondements " de la foi chrétienne qui sont :
- L'inerrance biblique sur les plans historique, cosmologique etc…
- Des dogmes comme la divinité du Christ, la valeur de son sacrifice expiatoire, de sa croix, la Trinité.
- L'insistance sur la " nouvelle naissance " que l'on peut même dater au jour près.
- L'insistance sur le proche retour du Christ et la fin du monde
- L'insistance sur le prosélytisme.

En réaction des théologies néo-libérales se développent :
- La théologie du " Process "
- Le réseau TCPC
- Le réseau " Sea of Faith "


La théologie du " Process "

Apports de la science moderne : théologie du Dieu créateur, de l'évolution.
Whitehead, mathématicien et philosophe anglican, anglais (+ 1945).
Cobb et Griffin, méthodistes ; Californie.
" Le Dynamisme créateur de Dieu " par le professeur André Gounelle

Un Dieu expliquant le monde
Regardez autour de vous : tout bouge, grandit, se complexifie. Renouveau des hommes, des animaux, des plantes, de la nature entière. Tout naît, se développe, puis disparaît pour laisser la place à d'autres mouvements. D'où cela vient-il sinon d'un Dieu créateur. Il est plus facile de discerner l'action de Dieu que de la nier.
Dieu propose sans cesse des possibilités nouvelles dans nos pensées et dans le monde. Il propose et l'homme ou la nature dispose.
Dieu propose, influence, tient compte des résultats qui en adviennent pour modifier son action : C'est la joie qu'il veut en ce monde et il agit et ouvre des possibilités jusqu'à ce qu'il y arrive. Dieu n'a pas créé son peuple à partir de zéro ; il ne le fait jamais : il l'a pris là où il en était et l'a fait passer d'un avant à un après par un acte de création, qui laissait place ensuite à de nouvelles séries d'actes créateurs.

Dieu a son idée. Il tente d'influencer le projet par persuasion et non par contrainte ou par force. Il souhaite qu'on s'épanouisse, que le monde s'harmonise, avance vers sa " joie ". L'évolution du monde, son " process ", concerne Dieu : il n'est pas le " tout autre ", immobile et impassible ; il est " Emmanuel ", Dieu au milieu de nous.
D'autres puissances que celle de Dieu sont à l'œuvre dans le monde, concurrencent et même s'opposent à la sienne. Notre prière est justement une de ces forces et, loin de s'opposer à la volonté de Dieu elle fait au contraire partie dans son plan divin.

- La pensée populaire identifie facilement Jésus à Dieu marchant sur la terre et surnaturel. Les théologiens du Process ne parlent pas ainsi
- Un certain christianisme politique se centre avant tout sur un engagement concret dans le monde. Les théologiens du Process ne parlent pas ainsi
- Le piétisme met l'accent sur la vie spirituelle et la prière. Les théologiens du Process ne parlent pas ainsi
- D'autres mettent l'accent sur le Dieu juste qui nous voit pécheurs, sur la repentance, et le sentiment de culpabilité. Les théologiens du Process ne parlent pas ainsi

Un Dieu créateur. Non pas un créateur, siégeant à l'extérieur du monde, à l'extérieur de nous-mêmes. Il n'est pas un super empereur regardant toutes choses de là-haut et dont nous, misérables vermisseaux, essayerions d'obtenir parfois de lui quelque faveur ! Dieu n'est pas " ailleurs ", il n'est pas " au ciel ", il n'est pas " tout autre ", il est le dynamisme intérieur aux hommes et au monde.

Dieu ne vient pas du dehors mais du dedans. Il est présent dans la vie de notre monde, il en est le moteur, l'âme, il en est l'élan. Et pas seulement de nous mais aussi des animaux, des plantes, et peut-être aussi des minéraux. Il est aussi indispensable à la vie du monde que le moteur à la vie d'une voiture. Il participe à tout ce qui se passe, à toutes les réalités auxquelles nous avons à faire et d'abord à nous-mêmes. Il agit en tout ce qui bouge : rien n'échappe à son action de même que rien n'échappe aux rayons du soleil ou à l'air qui nous baigne.
Il ne faut pas le chercher dans des " miracles ", dans l'extraordinaires et le surnaturel, modifiant le cours des événements de l'extérieur. On le rencontre dans le quotidien, l'habituel, le normal. Tout vient de lui, toute vie est par lui. Rien n'est plus normal que de croire en lui.
Dieu se trouve au cœur du monde, comme le levain qu'une femme a caché dans la pâte pour la faire lever Matthieu 13. 33. Mais Dieu n'est pas la pâte. Il est dans le monde mais il est tout de même un peu distinct du monde, comme le moteur est un élément de la voiture mais n'est pas toute la voiture.

Le flot de la vie
Dès que nous constatons autour de nous une transformation, un processus, " Process " de vie, c'est Dieu qui lui donne son élan. S'il n'y avait pas de Dieu donnant la vie, tout serait mort, rien ne bougerait, tout se décomposerait misérablement. Dieu fait, sans cesse, avancer les choses ; puis, lorsqu'elles ont atteint leur résultat, leur " joie ", un autre événement prend la suite du précédent. Le monde est un immense flot incessant de milliards d'événements en création perpétuelle, en devenir permanent, dont chacun est une mini-création originale de Dieu.
Ainsi la sortie d'Égypte se compose bien d'un avant (la souffrance en Égypte), d'un après (la vie libre au désert puis en Canaan) et d'un pendant qui est l'acte créateur proprement dit. Arrivé au désert, le peuple souffrait de la faim et de la soif et nouvel acte créateur de Dieu lui a redonné son élan et ainsi de suite.

L'histoire n'est pas écrite d'avance, Dieu agit en douceur
Dieu est plus féminin que masculin. La femme, dit-on, est plus souple que l'homme : elle accepte, discute, tolère, sourit, pousse doucement, attire par séduction. Dieu a de la tendresse.
Dieu ne connaît pas l'avenir ; il n'est pas omniscient, omniprésent, omnipotent. L'histoire n'est pas écrite d'avance ; Dieu connaît le présent qu'il est en train de promouvoir mais l'avenir dépend de ce que les hommes en feront.
Le moteur d'une voiture ne sait pas où va la voiture avec l'élan qu'il lui communique. C'est aux hommes, aux animaux, aux plantes et peut-être aussi aux minéraux qu'il incombe de concrétiser d'une manière ou d'une autre la volonté de Dieu : volonté de vie d'espérance, de réussite certes, mais il y a différentes sortes de réussite !
Dieu oriente et donne l'élan mais si la réponse est négative ou inattendue, Dieu persévère et sans jamais renoncer, donne toujours d'autres possibilités.
Dieu donne la vie aux plantes ; mais si un rocher écrase la plante, Dieu lui permet de s'adapter et de trouver son chemin vers la lumière ; si on ôte le rocher, elle changera à nouveau le sens de sa croissance. Il en est de même avec les hommes et les civilisations.
Dieu a fait alliance avec le peuple hébreu ; mais si le peuple ne saisit pas cet élan d'amour et d'espérance, Dieu fera subsister " un reste " Ésaie 10. 21 et si le " reste " lui-même est décevant, Dieu trouvera une jeune fille de Nazareth pour un nouveau commencement de son histoire de vie. Si la jeune Marie avait répondu : " je ne suis pas la servante du Seigneur, qu'il ne me soit pas fait selon ta Parole ", Dieu ne se serait pas découragé, il n'aurait pas abandonné dessein et aurait trouvé autre chose, quelqu'un d'autre, ailleurs, car jamais son dynamisme créateur ne s'épuise.

Panthéisme ou théisme
Le panthéisme (Dieu est tout). Cette conception de Dieu est celle des religions africaines, de l'hindouisme, des mystiques chrétiens ou musulmans. On y fait l'expérience de la paix intérieure, de la sérénité ; on découvre au fond de soi une réalité profonde qui n'est pas celle de nos fantasmes et de nos désirs, qui ne dépend pas que de nous ; réalité présente aussi chez les autres, qui la découvrent au fond d'eux-mêmes ; réalité qui est aussi le fondement de l'univers entier. On la nomme " Dieu " car il est " tout en tous ".
Le théisme dit que Dieu est face à nous comme un Seigneur, comme un père ; il est un Autre. Le monde vit et Dieu le regarde comme un homme regarde et cultive son jardin, avec soin et bienveillance mais face à lui.
Le pan-en-théisme (Tout est en Dieu) est la troisième voie proposée par les théologies du Process. Elle participe à la fois un peu du théisme et du panthéisme, mais ajoute au panthéisme l'idée que Dieu garde une liberté, une volonté.
Dans le panthéisme, Dieu est immobile, il n'y a rien à attendre de nouveau, tout est déjà là ; on recherche seulement la fusion avec Dieu, avec l'Esprit du monde.
Les théologiens du Process disent que, bien au contraire, il y a tout à attendre car Dieu est toujours le Dieu créateur. Lorsque les Juifs étaient esclaves en Égypte, le panthéisme leur aurait fait trouver la fusion immobile avec l'âme du monde au lieu de les amener à se lever et marcher vers leur renouveau.
Mais dans le théisme, l'idée du Dieu face à nous, revient toujours l'idée d'approuver ce qu'il a fait et organisé car là est le bon : le peuple esclave en Égypte devrait se soumettre à la volonté supérieure qui l'a exilé. Si Dieu a voulu le monde, il importe de se soumettre au statu quo qui ne peut qu'être excellent.
Ou alors résoudre le problème dit de la " théodicée ", c'est-à-dire de la " justice de Dieu " : comment un Dieu bon et tout-puissant laisse-t-il le mal exister ?
Le panthéisme et le théisme sont tous deux des conservatismes. Le Process est progressiste. Car la fidélité du théiste est de conserver ce que Dieu a fait et dit dans le passé. La fidélité du panthéiste est dans sa fusion avec l'Esprit divin pleinement présent dans les éléments tels qu'ils sont.
La fidélité du théologien du Process est dans son ouverture et sa participation à la volonté de Dieu d'un monde toujours meilleur que le fidèle va s'efforcer d'imaginer et de mettre en œuvre en s'enracinant dans le dynamisme créateur qu'il reçoit de Dieu. Le théisme classique peut incliner à la résignation, la soumission, le conformisme. Le Process à l'optimisme, à aller de l'avant. Le théisme suggère la stabilité et la prudence ; le Process l'évolution et l'aventure.
Teilhard de Chardin a développé cette vision de développement, d'évolution (en partant de la paléontologie dont il était un spécialiste). Mais il voyait toutes choses converger vers un état idéal parfait, qu'il nommait le point Oméga, lorsque Dieu aurait réussi finalement à amener le monde à sa perfection.
Pour les théologiens du Process, Dieu ne connaît pas l'avenir, n'en est pas maître, et tout ne va pas forcément vers la réussite : le monde peut mal finir. Dieu s'occupe de tout l'univers, pas seulement notre monde.
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Vendredi Saint. Le monde a le pouvoir de s'opposer à la volonté de Dieu. Les hommes ont montré jusqu'où va leur capacité de refus en tuant Jésus-Christ, l'envoyé de Dieu, le Fils unique, celui qui incarnait sa volonté, concrétisait son appel.

Le chef d'orchestre. Le mal. Plutôt qu'à un souverain il faut comparer Dieu à un chef d'orchestre qui distribue à ses musiciens des partitions de vie et de joie, plus simples ou plus riches selon les moyens de chacun. Il y a un premier violon, Jésus-Christ, dont le rôle dans l'orchestre est primordial. Dieu encourage, dynamise les musiciens et suivant leur jeu peut modifier leur partition. Il souffre de la mauvaise qualité de certains musiciens, mais conserve la direction sans se laisser décourager. Il ne punit pas, il n'annule rien, mais il invente toujours une nouvelle solution positive.
Ainsi la résurrection de Jésus-Christ est la réplique de Dieu à l'horreur de la croix. Affirmer sa " toute-puissance " signifie que l'on peut compter sur lui pour être toujours capable de faire renaître la lumière à travers les ténèbres, le sourire après les larmes et faire jaillir la vie de la mort.

L'éthique. La pensée du Process rejette tout pessimisme à l'égard de l'homme, des sociétés ; tout juridisme aussi dans les relations avec Dieu et les autres hommes. Elle est fondamentalement optimiste, créatrice. Ouverte aussi aux autres religions. Ouverte à l'amour de la nature et du monde animal.


Le réseau TCPC
http://castelg.club.fr/ang.htm

Né aux USA il est désormais étendu au Canada, en Irlande, en Angleterre, en Nouvelle Zélande et en Australie.

Le " Progressive Christianity Network - Britain & Ireland " encourage les paroisses à accueillir les chrétiens ouverts et libéraux. Nous voulons être un point de ralliement pour tous ceux, de toutes les confessions, qui partagent la même vision d'un christianisme ouvert, tolérant, libéral et n'excluant personne pour raisons de doctrine ou d'éthique.
Nous pouvons apporter de l'aide à tous ceux, de toutes les confessions, qui souhaitent poursuivre leur réflexion spirituelle et théologique. Nous sommes prêts à leur fournir les documents et les éléments de travail nécessaires à leur compréhension du monde contemporain.
Nous lançons un appel aux paroisses pour qu'elles nous fassent part du soutien qu'elles apportent aux chrétiens ouverts et libéraux. Le réseau de soutien mutuel qui se constituera ainsi progressivement à travers toutes les Églises du pays, quelles que soit leur dénomination, développera grandement leur confiance en eux, renforcera leur assurance, et augmentera leur notoriété dans l'opinion publique et les médias.
Nous ne créons pas une nouvelle Église. Nous organisons un " réseau " de paroisses appartenant à toutes les dénominations, qui sont disposées à accueillir les croyants ouverts à des recherches nouvelles et à une foi libérale.
Si ce réseau s'agrandit au niveau national, si des dizaines, puis des centaines et enfin des milliers de paroisses annoncent leur ouverture, dans les grands débats religieux et éthiques, aux idées des chrétiens ouverts et libéraux, l'opinion publique prendra conscience de la force de nos arguments.
De plus les chrétiens ouverts sauront où trouver la paroisse proche de leur domicile où ils trouveront la largeur d'esprit qu'ils recherchent.
Ce serait un succès magnifique. C'est un défi qui nous est proposé.
Si donc vous dépendez d'une paroisse dont vous pensez qu'elle pourrait être intéressée d'appartenir à un réseau accueillant et soutenant les chrétiens ouverts et libéraux, faites connaître ce projet à son ou à ses dirigeants.
Toute la paroisse n'est pas obligée d'adhérer aux " Huit points ", mais elle peut s'engager à accueillir ceux qui le font.
Nous fournirons alors régulièrement des communiqués, nous enverrons notre bulletin et des informations concernant les publications et les événements en cours.
L'idéal serait évidemment que des paroisses s'inscrivent comme membres actif du " Progressive Christianity Network - Britain & Ireland " en remplissant le bulletin d'adhésion et en payant la cotisation.


Le réseau " Sea of Faith "
(http://www.sofn.org.uk/)

Le réseau " Sea of Faith " a pris naissance en Angleterre dans les années 1980 à la suite d'une série d'émissions télévisées du pasteur Don Cupitt, qui analysaient le déclin de la religion dans un monde postmoderne et complexe ne faisant plus guère place au respect des Écritures, de la hiérarchie ecclésiastique ni d'une manière générale au surnaturel. (cf. Don Cupitt's " The Sea of Faith " 1994)

" Sea of Faith " part du principe que, depuis 30 ans, un gigantesque changement s'est produit non seulement dans le contenu de notre foi mais aussi dans la manière même dont nous pensons. Nous sommes confrontés à de nouvelles cultures, de nouvelles conceptions religieuses, éthiques, politiques, artistiques, scientifiques.
Nous n'osons plus prétendre que notre religion est " la seule vraie " ou que la politique de notre pays " la seule juste " ; nous ne comprenons même plus comment nous avons pu avoir naguère l'arrogance de le penser.
Les membres de " Sea of Faith " n'entendent pas se constituer en secte ; ils sont fidèles à leur culte protestant, leur synagogue juive, leur assemblée Quaker, leur messe catholique. Mais ils admettent que les pratiques religieuses et les diverses " vérités " sont des élaborations humaines et non pas des révélations émanant d'un monde surnaturel.
La pensée " non-réaliste " estime que tout et pas seulement nos conceptions religieuses est élaboration humaine. Tout notre système de valeurs notamment.
Et puisque les divers systèmes religieux ont été progressivement constitués par des hommes pour répondre à des besoins spécifiques, on doit pouvoir les reprendre pour les adapter à la réalité d'aujourd'hui. Les mots que l'on utilise donnent forme aux idées que l'on cherche à exprimer, y compris aux notions religieuses que sont " Dieu " ou " le ciel ". Nous ne discutons pas de la présence réelle, de l'universalité du salut ou de savoir si le Christ est le Fils éternel de Dieu.

Les membres du réseau " Sea of faith " se nomment " non-réalistes " dans la mesure où ils ne croient pas à l'existence " réelle " des images poétiques véhiculées par leur langage religieux.
Le " non-réalisme " désigne une vue post-moderne des valeurs morales, religieuses, politiques ou sociales qui sont élaborées dans notre culture mais n'ont pas de " réalité " en elles-mêmes.

Dieu n'est pas mort. Mais le Dieu d'aujourd'hui et celui de demain n'est pas un être personnel ou une puissance concrète, réellement présente " quelque part ". Pour " Sea of faith ", Dieu est l'incarnation, la personnification de nos valeurs humaines et de tous nos idéaux.
Dieu et le diable, le ciel et l'enfer, le bien et le mal, la vérité et la beauté n'ont pas d'existence métaphysique " réelle " mais sont des constructions de l'esprit humain.

Les fidèles du réseau " Sea of faith " abandonnent délibérément la foi surnaturelle aux dieux, aux esprits, aux démons, aux puissances célestes ; ils estiment ne pas se détourner pour autant des valeurs religieuses traditionnelles. Ils prétendent bien au contraire que l'amour mutuel, la compassion, le respect de la personne, la justice sociale et la non-violence et toutes les valeurs fondamentales qui sont de notre responsabilité d'hommes, sont effectivement valorisées dans les relations humaines, le langage et la culture qu'ils entendent promouvoir.

Dieu incarnation dans notre pensée des idéaux et des aspirations les plus élevés, plutôt que le Dieu tout-puissant, le Dieu du " Tu ne feras pas...", le Dieu souverain auquel il convient d'être soumis.

Il nous est donc permis d'ordonner des homosexuels, d'abolir le sacerdoce, d'élaborer des rites " verts " et d'en abandonner d'autres. Nous pouvons féminiser l'image que nous nous faisons de Dieu ou la repenser comme étant l'idéalisation des valeurs humaines de compassion, de pitié, de paix et d'amour.
Nous voyons bien que les Églises implosent ; néanmoins notre spiritualité demeure source de créativité et d'inspiration, dans la joie comme dans le deuil, et nous donne une vision renouvelée et finalement religieuse du monde.
Il est vrai que les théologiens conservateurs récusent violemment une telle affirmation qui leur semble miner la réalité des certitudes religieuses.

Si l'on ne peut attendre la délivrance d'un Sauveur tout-puissant, il faut bien assumer ses responsabilités. Il faut bien donner nous-mêmes du sens et une raison d'être à un monde devenu absurde et sans but. Telle est la grandeur de la tâche dévolue à l'humanité. Tâche que " Sea of faith " propose à tous, avec ses groupes locaux, sa conférence annuelle, ses rencontres régionales, son magazine et ses nombreuses publications... Nous ne voyons pas encore où cela nous conduira, mais c'est avec ferveur et passion que nous suivons cette voie.

Quizz de "Sea of Faith" 1.

Quizz de "Sea of Faith" 2

Voir aussi le site de Gilles Castelnau Protestants dans la ville .

 
Par UPL/ Gilles Castelnau
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