Da Vinci Code

Publié le par Ernest Winstein pour l'UPL


Jésus avait-il un enfant ?

Le roman de Dan Brown, hormis quelques contrevérités historiques ou géographiques, ne ferait pas scandale s'il ne posait la question " Jésus a-il eu un enfant avec Marie-Madeleine ?"


Qu'en dire ? Rien n'exclut, évidemment, que Jésus ait eu femme et… enfant ! Sur la question d'une éventuelle descendance de Jésus, nous n'avons aucun renseignement sérieux. En admettant qu'il en ait eu, pourquoi n'y a-t-il aucune mention dans les évangiles qui sont les documents les plus sérieux dont nous disposons? Certes, on pourrait mettre en avant le fait que la famille de Jésus était sous haute surveillance, et qu'il valait mieux qu'une descendance éventuelle fût cachée.
Marie-Madeleine (ou Marie de Magdala), elle, apparaît bien dans les évangiles ! Et plutôt en bonne place par rapport à Jésus. Elle est originaire du nord de la Palestine, précisément de Magdala, près de la Mer de Galilée. Il est faux de l'identifier à la femme riche qui oint la tête de Jésus d'un parfum précieux (Marc 14 v. 3) et qui semble être judéenne. Il est extrêmement hasardeux de la confondre avec la femme " pécheresse " de Luc (7 v. 36-38).

Marie de Magdala apparaît dans les récits des quatre évangiles comme témoin de la crucifixion - se tenant à distance de la croix chez Marc, au pied de la croix d'après Jean. Mais elle est aussi le premier des témoins du tombeau vide. Elle est la première des femmes nommées par la tradition " synoptique " (elles sont trois d'après le texte de Marc 16, deux en Matthieu 28 et deux en Luc 24). L'évangile selon Jean fait une belle place à Marie : Elle est dans l'intimité de Jésus " ressuscité " qu'elle confond d'abord avec le jardinier… (Jean 20 v. 15-16), puis l'appelle " rabbouni " (" mon maître ").
Il est donc évident qu'il y avait un lien privilégié entre Jésus et Marie. Pour le reste, la discrétion est assurée par les évangiles, elle n'apparaît qu'une fois en Luc 8,2 où il est évoqué que Jésus aurait fait sortir d'elle " sept démons "… !

Rappelons que la question de la divinité de Jésus ne s'est pas du tout posée dans les premiers temps !
Jésus a donc pu mener une vie de couple quasi " normale ". Tant mieux donc, si Dan Brown nous invite à considérer Jésus dans sa pleine humanité ! Il n'est évidemment pas nécessaire de tenir les produits de l'imagination du romancier pour des faits historiques…

Ernest Winstein

Note : Dans Jean 20,1-18 le rédacteur combine deux traditions, celle qui met en avant Marie et celle qui met scène " Pierre et l'autre disciple " L'expression spontanée de Marie-Madeleine au moment où elle reconnaît Jésus (" Rabbouni", mon maître) montre que l'on dispose là d'un bout de tradition ancienne, au milieu de l'ensemble composite du texte johannique sur le tombeau vide.

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Publié dans Actualités

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La discussion est ouverte. Ici et aussi à  l'Eglise Réformée Saint Paul à StrasbourgAutour du…Da Vinci CodeSoirée débat avecRémi GounelleProfesseur de Patristique, Faculté de Théologie Protestante, StrasbourgAnnie Noblesse-RocherProfesseur d’Histoire, Faculté de Théologie Protestante, StrasbourgDaniel BodiMaître de conférences, Langues O’, Bibliste, ParisMardi 6 juin 2006 à 20H30Au Foyer de St Paul, 1 place Eisenhower
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L’engouement autour du livre et maintenant du film n’est plus à démontrer. Leurs détracteurs les plus cyniques sont les premiers à hurler à la manipulation de la vérité… Ce qui est un comble !Qu’est-ce qui fait que ce film provoque les débats ?1 La place accordée à Marie de Magdalena…à une femme ?2  L’idée même d’une descendance issue du Nazaréen et somme toute, si celle-ci a existé, le rôle qu’elle aurait pu jouer ?3 Le comportement de l’église, en l’occurrence d’une branche catholique romaine présentée très obscure et conspiratrice : l’opus Dei, son acharnement à vouloir préserver des secrets qui mettraient son existence en danger ?Et par-dessus tout :4 La remise en question de l’aspect divin de Jésus-Christ… qui serait en opposition avec son aspect humain ?1 Les femmes dans la Bible jouent un rôle certes, mais la plupart du temps, elles sont en sous nombre ! ( proportionnellement parlant) Il en est de même dans le Nouveau Testament, dans l’entourage du maître, elles ne sont pas nombreuses…Étrange de constater que leurs présences (2 ou 3 ? selon les évangiles) sont des plus remarquables - dans les deux sens du terme - lors des derniers instants de la vie du Christ, lors de la « visite au tombeau ».  Qu’une femme ait pu partager le plus intime de l’homme Jésus paraît incroyable à  certains qui se complaisent dans leur vision irréelle d’un être sans autre contour que son vêtement ou le corps châtié et mortifié (l’idée que ce corps ait pu vivre du plaisir paraît répugnante ? Je trouve que c’est ce concept là qui est indécent !). N’en déplaise à ceux-là : les évangiles nous rapportent qu’il aimait boire et faire la fête, qu’il se mettait en colère parfois, qu’il avait des frères et des sœurs, alors pourquoi pas une ou plusieurs femmes ?2 Et si Jésus avait eu un enfant… et comme le suggère le livre, le film : une fille ! et une descendance ! Qu’est-ce qui serait choquant dans le fait que le « fils de Dieu » ait eu un enfant ? Dieu, grand-père ? Depuis 2000 ans, des porteurs et porteuses du « sang du Christ » parmi nous. L’histoire de Dan Brown explique qu’ils sont affiliés à une très vieille famille de sang royal… Est-ce une justification du système de la royauté ? …Il ne faudrait pas polémiquer  sur tous les plans…Le film montre en plan élargi le concile de Nicée, une grande table centrale où s’affairent des secrétaires qui consignent les débats. Autour d’eux une sorte d’amphithéâtre de gens habillés de toges turbulents qui  parlent tous en même temps. Ce plan-là me faisait penser à la  représentation des tribunaux révolutionnaires français dans des films de reconstitutions historiques, tableau idyllique de ceux qui voulaient construire un monde nouveau…3 Il s’agit d’une fiction, d’un roman, ne l’oublions pas, même si les hypothèses avancées nous plaisent, nulle preuve avancée de crédible. Alors, pour attiser la curiosité, le « bon truc » est de suggérer la conspiration. C’est un truc qui marche toujours et pour tout, qui attise notre tendance à nous sentir floué de sensationnel…Il n’est pas mauvais, à mon goût personnel, de « taper » un peu sur la hiérarchie sacro-sainte catholique romaine. Sa pesanteur prête à cela, elle a elle-même du mal à se détacher des tendances extrémistes qui gravitent autour d’elle. Elle aussi tant de mal à accepter la remise en cause de ses fonctionnements…4 Bien évidemment le débat qui terrifie le plus  les détracteurs de cette histoire est : l’expression de la totale humanité de Jésus, la « remise en cause » de sa divinité… Ses descendants devraient être un peu spéciaux, avoir des pouvoirs (sa dernière descendante, joué par Audrey Tautou sait comment masser les tempes et apaiser ceux qu’elle masse… Clin d’œil de fin du film, elle s’essaye à poser le pied sur l’eau d’un étang…) Génétique oblige !  Peu de temps après la mort de Jésus les écrits et récits les plus fantaisistes circulaient sur son compte, besoin de merveilleux ? (Peut-être même de son vivant également). Se repositionner sur ce que l’on croit par rapport à ce que l’on nous a appris voire inculqué n’est pas chose facile… Fils de Dieu… après tout, nous sommes tous des enfants de Dieu ? Lui, le frère pour certains, le père, le maître, la parole… La divinité de Jésus n’est pas ici remise clairement en question, mais plutôt l’idée féerique, abstraite et un peu nian-nian d’un être parfait, surpuissant. Bien sûr le propos trinitaire est là remis sur le tapis, s’il s’agit de cette question-là, alors parlons en sans bloquage, ni dogmes, ni barrières !…Personnellement, c’est l’aspect illimité de cet homme qui m’interpelle, c’est là que j’y trouve ses fondements divins.
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